Friday, October 17, 2008

A Good Neighbour

My street has recently been upset by a couple of bad neighbours. Noisy parties and broken car windows have made some homeowners think about leaving the neighborhood. I thought a little encouragement could sway them into staying or at least momentarily restore a little hope. Floriography or the language of flowers, is a method of communication in which flowers and floral arrangements have specific meanings and can be used to send coded messages. Ten potted white Mums were purchased and placed on my neighbours’ doorsteps with handwritten cards that read From Your Neighbour, De ton voisin. White Mums signify truth, optimism and cheeriness. Yellow mums are said to provide hope and, more commonly, yellow flowers signify friendship.



In attempting to Restore Shine I have come to the conclusion that the undeniable purpose of art practice is to investigate the everyday by reframing aspects of life through intention, context and awareness. Art is the action of pointing at something and creating meaning or newness; its function is to transform the mundane into the special. Art makes special 1. It counteracts the common ailment of over stimulation of the senses through a focused attention on something, thus “restoring our perceptibility” 2 and inserting shine into our surroundings, if only momentarily.


Notes
1. “Making special implies intent or deliberateness. When shaping or giving artistic expression to an idea, or embellishing an object, or recognizing that an idea or object is artistic, one gives (or acknowledges) a specialness that without one’s activity or regard would not exist. Moreover, one intends by making special to place the activity or artifact in a realm different from the everyday.” Dissanayake, Ellen. What is Art For?, University of Washington Press, 1990, 266pp, p.92

2. “In this situation of ‘crisis in perception’, it is no longer a question of educating the crude ear to hear music, but of giving it back hearing. It is no longer a question of training the eye to see beauty, but of restoring ‘perceptibility’.” Buck-Morss, Susan. Aesthetics and Anaesthetics: Walter Benjamin’s Artwork Essay Reconsidered, October Vol. 62, Autumn 1992, 41pp, P.18


BIO

I have always believed that if hair was meant to keep me warm, I should have some on my nose and forehead. I get an intense satisfaction in frightening pigeons and would one day, enjoy contributing to the research that will make them eat and enjoy cigarette butts. On the dreary days when inspiration reels and the tip of my nose shadows my line of vision, I write myself letters of encouragement and send them in the mail. 

Jennifer Bélanger is very interested in the accidental observer and the ordinary and daily as matter for art. Bélanger has a BFA from Université de Moncton and an MFA from the Nova Scotia College of Art and Design.


Déclaration de l'artiste
 
J'ai toujours pensé que si les poils servaient à tenir chaud, j’en aurais sur le nez et le front. Faire peur aux pigeons me procure une satisfaction intense et, un jour, j'aimerais contribuer à la recherche qui leur permettra de manger et d'apprécier les mégots de cigarette. Les jours où je m'ennuie ou que je manque d’inspiration et que le bout de mon nez brouille mon champ de vision, je m'écris des lettres d'encouragement et les envoie par la poste.
 
 
L'observateur accidentel, l'ordinaire et le quotidien sont des sujets d'art qui m'intéressent beaucoup. Trouver ou voir quelque chose de nouveau en se rendant au travail, à l'école ou en magasinant marque l'esprit pour la journée. L'art qui se manifeste dans des lieux inattendus est remarquable, même s'il n'est pas considéré comme de l'art.
 
L'intervention poétique, c'est l'art qui se déverse dans le quotidien. Rendre service, c'est de l'art. Décorer des mauvaises herbes, envoyer des fleurs et écrire des lettres d'encouragement sont des façons de redonner de l’éclat à la vie de tous les jours.
 
En raison de mon penchant pour le Détournement1, le noyau de mon travail était déchiré entre une esthétique quelque peu exubérante et un contenu caustique (parfois cauchemardesque). Après dix ans de travail accumulé dans mon studio (ou de cochonneries, selon l’humeur du jour), je me suis récemment détachée de la création d'objet traditionnelle pour m'orienter vers l’idée que toute chose, tout geste, tout son et tout travail peuvent devenir artistiques. Maintenant, acquérir de nouvelles compétences, finir les projets des autres et donner mon travail de façon anonyme dans des lieux qui ne se prêtent pas à l'art sont de nouvelles orientations dans lesquelles j'aimerais poursuivre ma démarche artistique.
 
La pratique interventioniste2 porte essentiellement sur l'art qui s'infiltre dans le quotidien et la création d'un récit imaginaire pour l'artiste aussi bien que pour l'observateur. En l'espace de ce contretemps dans la routine quotidienne du passant innocent, une communication intime s'installe entre l'artiste (agent social) et les autres (patient). Aucun avertissement n'est donné; aucun engagement n'est attendu. La magie de ce travail dépend grandement de cette rencontre inattendue, totalement aléatoire. On fait un geste en déposant des objets à l'intention des autres.
 
Le Tree hole project3 illustre des interactions silencieuses créées grâce à des cadeaux mystérieux déposés dans les trous de vieux arbres. Dans le roman To kill a Mockingbird (Du silence et des ombres), Scout et Jem découvrent que quelqu'un leur laisse des trésors dans le trou d'un arbre. L'intrigue et l'enchantement que ressentent les enfants rendent le lendemain excitant. Ces gestes, bien qu'ils soient abstraits ou distants, sont intimement interpersonnels. L'intérêt du travail ne réside pas dans sa qualité visuelle, mais plutôt dans la présence étrange, ambigüe et discrète d’un objet trouvé dans un endroit improbable, dont on essaie de comprendre l’histoire, et qu’éventuellement on rapporte chez soi. Ici, l’éclat est déposé sur le trajet quotidien de quelqu'un. J'imagine un homme d'affaires qui pose son porte-documents sur le trottoir, se met sur la pointe des pieds et récupère le cadeau du trou d'un arbre où je lui ai laissé. Il n'est pas important que le cadeau soit reconnu comme étant de l'art et il n'est pas important qu'il ne soit jamais trouvé. Les récits fictifs ou imaginés sont satisfaisants en eux et l'idée de ce qui aurait pu arriver peut parfois être plus attrayante que ce qui est réellement arrivé.
 
Monsieur Grégory a trouvé l’un de mes cadeaux. La maison miniature rose et jaune a attiré son attention un mardi matin en se rendant au travail. Il s’est approché du trou de l’arbre de la rue Robie, a regardé autour de lui, a posé son porte‑documents à terre et a sorti avec précaution l’objet de son nid. Il l’a apporté chez lui pour le montrer à sa femme Heather et à sa fille Anna. Anna a été très intriguée par l’histoire. Elle a placé la maison de papier sur une étagère dans sa chambre. À l’heure du lit, son père est allé la border, puis a éteint la lumière de sa chambre. Une fois la porte fermée, la maison miniature s’est mise à briller. Anna était enchantée.
 
Mon travail a pour objectif de créer ce genre de moments de contemplation et de provoquer des interruptions sensorielles semblables chez des étrangers. L’art et la vie s’entremêlent de plus en plus et je m'intéresse à la présence improvisée de l’art dans des lieux insoupçonnés : l’art dans la vie et la vie dans l’art. 
 
Pour moi, l’objectif irréfutable de la pratique de l’art est d’enquêter sur le quotidien en recadrant certains aspects de la vie selon l’intention, le contexte et la conscience. L’art, c’est mettre en évidence, donner un sens ou créer une nouveauté. Sa fonction est de transformer le banal en quelque chose de spécial. (trad. Laura Bonney)